Jeudi 7 janvier 2010
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Les traumatismes d’abus comptent parmi les plus destructeurs
pour une personne humaine. Ce type d’expérience ébranle les fondements même d’une personnalité. Les conséquences les plus courantes de ces traumatismes peuvent se vivre à plusieurs
niveaux.
Vécus dans l’enfance, les
abus mettent en péril le développement de plusieurs éléments nécessaires à la croissance, comme la confiance en soi mais aussi la confiance dans les autres et donc dans la vie. Le développement
psychologique, social et sexuel est gravement atteint. Les victimes font souvent face à des sentiments destructeurs
de honte, de culpabilité, de
solitude.
Enfin, de telles
expériences incitent les victimes à développer des comportements de survie. Le plus courant en est la dissociation du corps (« je ne ressens rien quand je vis cela », « ce
n’est pas à moi que cela arrive »), dont la fonction est de protéger la personne de blessures plus graves encore.
Le corps vit pleinement l’abus, qu’il soit d’ordre physique mais aussi psychologique. La victime cherche à se protéger en se blindant, en se coupant totalement des ressentis
corporels…Et la voilà prise dans le processus d’induration physique, et la construction de cuirasses émotionnelles qui vont engendrer des réactions pourtant bien physiques :
tensions, inconforts, sensibilités de certaines parties du corps, voire développement de certaines pathologies.
ETRE VICTIME...
Ce qui fait que les victimes le demeurent c’est qu’elles trouvent rarement quelqu’un
dans leur entourage à qui elles peuvent faire suffisamment confiance, pour leur confier leur secret, et ainsi faire cesser ces abus.
Il arrive également que dans le cas par exemple d’un abus sexuel perpétré par le père, la mère soit plus ou moins consciente de
ce qui se passe, mais qu’elle se sente incapable de réagir parce qu’elle craint de briser l’image de sa famille. Cette impuissance sera aggravée si la mère est dépendante affectivement et
matériellement de l’abuseur. Elle n’a donc pas la force morale de soutenir son propre enfant, ni de faire face à la réalité.
L’enfant victime d’une telle situation vit une double
trahison, du fait d’être abusé par un parent et non supporté par l’autre. Il se sent vraiment abandonné à
lui-même. C’est souvent à ce moment qu’il fait le choix alors de ne plus rien demander à personne et « de s’organiser avec ses problèmes ».
Ce choix a un impact dramatique sur son développement,
car il est ainsi laissé en plan par rapport à des besoins affectifs de première importance, comme le besoin d’être aimé, supporté et reconnu comme une personne valable.
Les abus psychologiques accompagnent souvent les abus physiques. Il est pratiquement impossible de maltraiter physiquement un enfant à répétition sans avoir un impact sur
son psychisme. L’abuseur psychologique s’applique à détruire l’estime personnelle de sa victime. Ayant lui-même une déficience marquée à ce niveau, il a beaucoup de difficultés à entretenir
une relation avec autrui sur un pied d’égalité. Pour être en relation, il doit à tout prix prendre la position du dominant, du persécuteur. Ce type d’abuseur cherche à humilier, ridiculiser et
rabaisser sa victime.
Celle-ci développe en retour rage, frustration, compliquées d'un sentiment d'impuissance et de forte dévalorisation.
... ET EN SORTIR
On ne naît
pas victime, on le devient. De même, il est parfaitement possible d’en sortir…
Il est essentiel de se faire aider en thérapie lorsque l’on porte dans son histoire, passée ou présente, un épisode
d’abus, qu’il soit physique, psychologique ou sexuel.
Les approches de type mouvements oculaires (comme l’IMO) ont démontré
désormais leur efficacité remarquable pour ce type de douleurs psychologiques. Elles permettent notamment de rebâtir l’estime de soi, nourrissent grandement la confiance en soi mais aussi la
confiance dans les autres autour de soi.
Il est recommandé également que l’accompagnement psychologique
soit renforcé par un travail corporel en profondeur, très respectueux de la personne, afin de nourrir la conscience de soi et de son intégrité. Une
approche telle que la Méthode de libération des cuirasses réapprend aux anciennes victimes à se respecter, à s’accorder de la valeur, à placer des limites et à habiter leur corps pleinement. Leur
corps, donc leur être…