Lundi 13 octobre 2008
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Déjà entendu parler du "triangle infernal",
Victime-Persécuteur-Sauveteur? Ces trois "rôles" correspondent à trois schémas relationnels dans lequel nous nous plaçons inconsciemment, que ce soit dans
notre relation avec les autres, ou dans la relation à nous-mêmes.
Pourtant, vous connaissez ces rôles par coeur! Tels les personnages principaux de votre film préféré (votre vie), ils emplissent tout l'écran à chaque relation difficile que vous vivez. Chacun
d'eux possède un dialogue, une gestuelle, une posture corporelle et des émotions qui lui sont propores.
La Victime est un vrai Caliméro: elle passe son temps à s'appitoyer sur elle-même, essayant d'éveiller l'attention d'autrui en se faisant plaindre, tout en
vivant une impuissance profonde à changer la situation "si injuste" qu'elle vit. Sa petite phrase préférée reste sans conteste "Oui, mais...", et ses accessoires favoris le kleenex et la
trousse à pharmacie (pour soigner les terribles blessures que la vie ne cesse de lui infliger).
Le Persécuteur, lui, vit la Colère sous toutes ses formes, et s'applique à le faire savoir autour de lui. Dur, méprisant,
humiliant, moqueur, parfois également maltraitant et violent, rien n'a grâce à ses yeux, et tout doit plier sous ses critiques. Juge implacable, grand maître du harcèlement sous toutes ses
formes, il affectionne les hurlements, les ricanements, les humiliations. Son objectif: être le chef, et en tirer une illusion de toute puissance; jeu malsain s'il en est. Pour autant,
rappelons-nous qu'il n'existe aucun bourreau possible si personne n'accepte d'être sa victime...
Le Sauveteur, enfin, serait l'enfant naturel de Zorro et d'un St Bernard, parcourant son monde en proposant en
permanence une aide, un avis, une protection, surtout lorsque
personne ne le lui demande. Le Sauveteur, tout occupé qu'il est à s'occuper des autres et donc à renier ses propres besoins, vit en général un épuisement permanent: lui ne crie pas ou ne pleure
pas, il court, de gauche et de droite. Son espoir secret est d'être reconnu, quitte à culpabiliser vertement quiconque refusera de céder à ses intrusions permanentes.Se transformant ainsi,
du même coup, en Persécuteur...
Nous avons tous un rôle préféré; certains, ainsi, ont longuement peaufiné leur Cosette intérieure (victime), réveillant savamment la fibre de tous les Jean
Valjeant (sauveteur) qui croiseront leur chemin, mais aussi hélas de tous les Ténardier en puissance (bourreau). Mais nous sommes capables de changer de rôle en un quart de seconde.
Et ce qui se vivra avec un conjoint, une soeur, un enfant, se vit également intérieurement, dans les actes d'auto-dévalorisation et d'auto-sabotage, les tendances à toujours remettre à demain, ou
encore à se proposer systématiquement des solutions qui ne nous conviennent pas en réalité.
Cette approche est issue de l'analyse transactionnelle, et permet de décoder merveilleusement la manière dont
nous passons notre temps à nous manipuler ou à manipuler les autres. Placer son
attention dessus, se regarder fonctionner dans ces modes-réflexes, sans jugement, permet de désamorcer le mécanisme- à la longue. A condition de ne pas en profiter, au passage, pour pleurer sur
soi ("pauvre de moi! je n'en sortirais jamais ! " s'effondre votre Victime intérieure), ni laisser votre Persécuteur vous sussurrer quelques amabilités d'auto-sabotage ("Mais
regarde-toi, abruti! T'es encore tombé dans le panneau! Quel imbécile tu fais...")
Sortir du Triangle, c'est accepter d'arrêter de se mentir, et de mentir aux autres. Cela demande parfois beaucoup de courage. Cessez donc vous manipuler ! Arrêtez de vouloir obtenir quelque chose
des gens autour de vous! Autorisez-vous à devenir acteur de votre vie.
Pour vous y aider, un ouvrage très vivant illustre merveilleusement ces "jeux" relationnels, et propose des solutions: "Victime,
Bourreau, sauveteur: comment sortir du piège?" de Christel Petitcollin, aux Editions Jouvence. Histoire de repartir sur des bases saines...